Repères

Morihei Ueshiba

Morihei Ueshiba
  • 14 décembre 1883 : Naissance de Morihei, fils de Yoroku et Yuki. Seul garçon, quatre soeurs, dont trois plus âgées. Famille aisée.
  • 1903 : Mariage avec Hatsu Itogawa. 4 enfants. Matsuko (née en 1910), Takemori (1917) et Kinuharu (1920), deux garçons morts en très jeune âge, puis Kisshomaru (1921) qui devint le second Doshu de l'aikido.
  • 1915 : Installation dans l'île d'Hokkaïdo (projet de peuplement à l'initiative du gouvernement japonais). Rencontre avec Sokaku Takeda (Daito-Ryu Aikijujutsu) dont il suit l'enseignement. Le Daito-Ryu reste à ce jour la forme de ju-jutsu traditionnel la plus vivante au Japon.
  • 1919 : Départ précipité d'Hokkaïdo en raison de la mort de son père.
  • 1919-1920 : Rencontre avec Onisaburo Deguchi (né Kisaburo Ueda), figure centrale de la religion Omoto, fondée par Nao Deguchi dont Onisaburo a épousé la fille et pris le nom.
  • 1924 : Expédition "ratée" en Mongolie et Mandchourie aux côtés de Deguchi dans le but d'établir une colonie utopique.
  • 1927 : Installation à Tokyo sur l'insistance de plusieurs militaires de haut rang, dont l'amiral Isamu Takeshita.
  • 1931 : Ouverture du Kobukan Dojo à Tokyo. Ueshiba y enseigne le Daito Ryu Aikijujutsu. S'éloigne de Sokaku Takeda et commence à appeler son art Aiki Budo.
  • Fin des années 30 : Plusieurs voyages en Mongolie où il donne des stages et effectue des démonstrations.
  • 1942 : Seconde Guerre mondiale. Démissionne de tous ses emplois d'enseignant à Tokyo (au Kobukan et au sein de diverses écoles militaires ou de police) et s'installe à Iwama, petite ville à une centaine de kilomètres au nord de Tokyo. Il n'en bougera pas jusqu'au milieu des années 50, se consacrant à un entraînement intensif. C'est là qu'est forgé le nom "aikido". Ueshiba a très souvent répété que c'est à Iwama qu'il a perfectionné l'aikido moderne.
  • 1946 : arrivée de Morihiro Saito à Iwama.
  • Milieu des années 50 : Longs séjours à Tokyo et voyages à travers le Japon.
  • 1961 : Voyage à Hawaii avec Koichi Tohei et Nobuyoshi Tamura.
  • Tandis que son état de santé se détériore, passe l'essentiel de ses dernières années à Tokyo. Continue néanmoins à enseigner jusqu'au début février 1969.
  • 26 avril 1969 : décès des suites d'un cancer du foie. Après sa mort, reçoit le nom bouddhiste de Aiki-in Seibo Enyu Daidoshi.

On sait que Morihei Ueshiba a étudié les arts martiaux suivants : Tenjin Shin'yo-Ryu Jujustu (brève période en 1901 à Tokyo) ; Goto-Ha Yagyu Shingan-Ryu (de 1903 à 1908 à Sakai, près d'Osaka) ; Judo (1911, à Tanabe) ; Daito-Ryu Jujutsu (avec Sokaku Takeda, à partir de 1915 en Hokkaïdo). Il a aussi régulièrement observé les cours de Kashima Shinto-Ryu, donnés par trois enseignants de haut niveau au Kobukan Dojo à Tokyo à partir de 1937. Il a peut-être été influencé par le Yagyu Shinkage-ryu (Kosaburo Gejo ayant été son élève au cours des années 20 et 30). Il est néanmoins clair que la principale influence technique sur l'aikido sont les techniques du Daito-ryu de Sokaku Takeda.

Onisaburo Deguchi a, quant à lui, exercé une profonde influence spirituelle sur Ueshiba.

Morihei Ueshiba a enseigné à des dizaines de milliers de personnes au cours d'une carrière longue de quelques 50 ans. Sa vision éthique et humaniste des arts martiaux tient le concept de non-conflit, plutôt que la défaite de l'adversaire, comme l'idéal.

Morihiro Saito

Morihiro Saito
  • 31 mars 1928 : Naissance.
  • 1946 : 18 ans, employé aux chemins de fer nationaux. Admission au Dojo d'Iwama qu'il ne quittera plus jusqu'à sa mort. Il devient dechi de Ueshiba, terme qui implique qu'en devenant son élève il se met aussi à son service.
  • 1952 : Mariage avec Sata.
  • 1957 : Naissance de Hitohira Saito, fils et successeur de Morihiro.
  • 1959 : Nommé Shihan (grand maître) du Hombu Dojo (dojo central).
  • 1969 : Avant de mourir, Ueshiba lui lègue la responsabilité du dojo d'Iwama ainsi que celle de l'Aikijinja. Le terrain sur lequel est bâtie sa maison (voisine du dojo) lui a aussi été offert par Ueshiba en remerciement de son aide dans le règlement d'un différend foncier avec des voisins.
  • 1973 : Publie une première série de livres techniques : 5 volumes intitulés "Traditionnal Aikido" (japonais-anglais). Commence à donner des stages à l'étranger (USA, Australie, Europe) de plus en plus nombreux. C'est aussi à cette époque que le Dojo d'Iwama commence à recevoir des élèves venus du monde entier.
  • 1994 : Deuxième série de livres : "Takemusu Aikido" (5 volumes).
  • 13 mai 2002 : Mort de Morihiro Saito Sensei des suites d'un cancer.

Saito est considéré comme le plus grand expert des armes de l'aikido (Aiki Ken et Aiki Jo). Il a entamé et mené à bien un immense travail de classification des techniques de Ueshiba aussi bien à mains nues qu'aux armes.

L'auteur de ces lignes se permet ici de rajouter quelques observations plus personnelles.

Le plus fascinant chez Maître Saito, comme on l'appelait, que ce soit lors de ses cours (à Iwama) ou de ses stages (un peu partout), c'était sa volonté de transmettre, comme s'il n'était qu'un relais. De transmettre les techniques telles qu'il les avait apprises de Ueshiba. Souvenir particulièrement marquant : Saito lisant Budo (le seul livre "technique" réalisé par Ueshiba datant d'avant guerre) sur le tatami, y "vérifiant" ses techniques, le montrant aux élèves autour de lui, et n'hésitant pas à se corriger. Ceci de la part d'un 9ème dan. Il n'essayait jamais "d'impressionner" mais toujours d'enseigner avec clarté, méthode et précision. Par ailleurs, il est le premier expert que j'ai vu qui exigeait de réaliser les techniques à partir d'une contrainte maximale (et qui y parvenait avec une fluidité déconcertante). Je ne suis pas le seul, beaucoup d'autres personnes qui comme moi avaient déjà pratiqué l'aikido depuis pas mal d'années (et beaucoup mieux que moi) ont eu la même impression en découvrant Saito en personne (et non à travers des livres ou des vidéos) de "découvrir" l'aikido. Je termine en le citant : "Aussi, je touche tout le monde, même s'il serait impossible de le faire s'il y avait des dizaines de milliers d'élèves, au moins dans "Tai no Henko" et "kokyuho". Je ne sais pas si je peux appeler ça ma philosophie mais, selon ma façon de penser (.) sans se toucher, sans un vrai contact peau-à-peau le véritable aikido ne peut être ni compris, ni enseigné."

Hitohira Saito

Hitohira Saito

Né en 1957, il débute l'aikido à l'âge de 6 ans auprès d'O'Sensei et de son père, Morihiro Saito. 45 ans plus tard, il continue à s'entraîner et à enseigner à Iwama, cette petite ville de la province d'Ibaraki où Morihei Ueshiba s'est définitivement installé à partir de 1942. Hitohira Saito Sensei est toujours resté au plus près de la source de l'aikido et c'est cette continuité unique qu'il tente de partager avec autant de ferveur que de rigueur.

À l'âge de 29 ans, il effectue son premier stage à l'étranger (Australie). Depuis, il n'a cessé d'être invité à travers le monde (Asie, Europe, Amérique du Nord et du Sud). En raison de l'état de santé de son père, il a, de fait et pendant plusieurs années, assuré la direction technique du dojo d'Iwama. En 2003, il se sépare de l'Aïkikaï pour fonder un an après sa propre école : Iwama Shin Shin Aiki Shurenkai, aussi nommée Dento Iwama Ryu (Iwama Ryu traditionnel). Comme Morihiro Saito avant lui, il s'attache à préserver l'enseignement d'O'Sensei tel qu'il l'a reçu de façon directe.

"Nous perpétuons et partageons l'enseignement de mon père Morihiro et restons fidèles au patrimoine technique et spirituel légué par le fondateur Morihei Ueshiba. Nous cherchons sans cesse à progresser grâce à la pratique intensive et systématique des kihon, et considérons chaque entraînement comme une opportunité unique de communion avec le Fondateur. Cet entraînement de tous les instants, je suis le premier à m'y appliquer."

Iwama

Ville de 15000 habitants située à une centaine de kilomètres au nord-est de Tokyo. Morihei Ueshiba s'y est "retiré" pendant la guerre en 1942. Site de l'Aikijinja construit par le fondateur comme le centre spirituel de l'aikido. En raison de l'interdiction des arts martiaux après la guerre par le Quartier Général des Forces Alliées et le fait que de nombreuses familles n'ayant plus leurs maisons détruites par les bombes vivaient dans le dojo de Tokyo, l'Aikikai Hombu Dojo a été déménagé à Iwama de 1948 à 1956, date de son retour à Tokyo. Le dojo de Ueshiba était attenant à sa maison et a été confié à sa mort, ainsi que l'aikijinja, aux soins et à la direction de Morihiro Saito. Site de la cérémonie annuelle Taisai qui commémore le souvenir du fondateur le 30 avril (afin de coïncider avec la date de naissance de feu l'empereur Showa, jour férié au Japon) même si celui-ci est de fait mort le 26 avril.

Sokaku Takeda

Sokaku Takeda

(10 octobre 1859 - 25 avril 1943). Second fils de Sokichi Takeda. Il a popularisé le Daito-Ryu Jujutsu dans le Japon du 20ème siècle. Takeda a donné énormément de stages un peu partout sur l'archipel généralement à des personnalités en vue, officiers de l'armée ou de la police. Héritier d'une longue tradition, il a beaucoup enseigné. Sa forme de jujutsu est la plus pratiquée de toutes les anciennes écoles japonaises et son influence technique sur l'Aiki Budo et, par voie de conséquence, sur l'aikido moderne est grande.

Religion Omoto

Littéralement : "Grande Origine". Secte religieuse fondée à la fin du XIXème siècle par une femme illettrée nommée Nao Deguchi ayant connu un certain nombre "d'illuminations" et autour de qui se sont vite rassemblés de nombreux disciples. Cette religion s'est rapidement développée au début du XXème siècle en grande partie grâce aux efforts d'Onisaburo Deguchi qui avait épousé la fille de Nao, Sumiko. La religion Omoto est devenue une force sociale et une religion significative jusqu'à ce qu'elle soit affaiblie par deux "Incidents", en 1921 et 1935, date à laquelle elle a été interdite par le gouvernement militariste japonais. À son summum, elle comptait trois millions d'adhérents. Ueshiba en est devenu un adepte en décembre 1919. Restant très proche des dirigeants de la secte pendant quinze ans, il a gardé des relations avec la religion jusqu'à sa mort en 1969.

Crédits

Ces textes n'ont été possibles que grâce aux recherches de Stanley Pranin, fondateur et rédacteur en chef d'Aiki News, puis Aikido Journal, auteur d'une encyclopédie de l'aikido.